Une agence matrimoniale de luxe destinée aux homosexuels

« Glamour pour tous »

Ce nom, déclinaison de Mariage pour tous, lui est venu comme une évidence. Depuis 2006, Guerda De Haan, 50 ans, dirige déjà une agence matrimoniale traditionnelle, mais « haut de gamme », depuis un bel hôtel particulier, en limite de Chatou. Avec la loi sur le mariage des personnes du même sexe, en créer une pour gays et lesbiennes ne relève finalement « que d’une diversification » de son activité.


Des séances de « love coaching »« Toujours avec le côté glamour et raffiné », prévient, avec son accent marqué, cette ancienne mannequin et comédienne néerlandaise, installée en France depuis une vingtaine d’années. Ne sont bienvenues que les « personnes ayant un certain niveau socioculturel, une bonne éducation et une vraie volonté de se marier ». Peuvent en revanche s’abstenir « les extrémistes quels qu’ils soient et ceux qui ne recherchent que des histoires de sexe ». L’intermédiaire de luxe, qui n’emploie que le tutoiement — « Cela casse tout de suite les barrières et met les gens plus à l’aise » –, se dit « hyper ouverte d’esprit » et assure qu’elle ne demande « ni feuilles de paie, ni avis d’imposition », mais ses prestations ne sont pas accessibles à toutes les bourses.

Les avantages du luxe

Pour s’inscrire dans ses registres, il faut en effet compter 3 500 EUR pour une année ou 2 900 EUR pour neuf mois. « Ce n’est pas très cher, reprend-elle. Pour ce prix-là, j’assure 73 % de réussite. »

Au programme, des séances de « love coaching », des dîners mondains, des sorties au golf ou encore le fameux grand bal, toujours dans un lieu prestigieux, où se réunissent les 200 célibataires — « beaucoup de jeunes entre 30 et 45 ans » — qu’elle tente d’aiguiller. « Je reçois chaque client individuellement au moment de l’inscription. J’ai une très bonne intuition et je sais cibler les gens », explique encore Guerda. « Glamour pour tous », dont le site vient d’être lancé, fonctionne exactement sur le même principe, tant pour la sélection que pour les prestations « que les homos sont aussi en droit d’attendre ». « Je sais que ça va marcher, il y a une très forte demande, conclut la chef d’entreprise. J’ai même envie de dire : heureusement que j’y ai pensé… ».

  Le Parisien