Agences matrimoniales, marieurs, coachs…Ils nous aident à trouver l’amour

Il n’y a pas qu’internet dans la vie pour se rencontrer. Agences matrimoniales et « love coachs » ont trouvé leur public, proposant un service personnalisé, moins déshumanisé, et surtout bien réel. Et ça plaît !

Trouver sa moitié ? Pas si simple pour les 37 % de Françaises célibataires. Bien que les nouvelles technologies aient investi ce marché de l’amour, les algorithmes ne peuvent pas tout. Sites internet (2 000 rien qu’en France !), applis de géolocalisation, soirées speed-dating… le coup de foudre n’est pas garanti. Ainsi, seuls 9 % des inscrits sur ces sites se sont réellement mis en couple. Un résultat décevant qui s’explique par une réalité : la rencontre amoureuse s’est calquée sur la société de consommation. Pour Bénédicte Ann, love coach et psychothérapeute, « il est facile de se rencontrer, mais “faire couple” dans la durée est beaucoup plus compliqué. Hommes et femmes se perçoivent comme un produit jetable ». Pour Jean-Claude Kaufmann, qui vient de publier Saint-Valentin, mon amour ! (Ed. Les liens qui libèrent), dans cette logique consumériste, on compare les individus comme des produits. Chacun essaie de trouver le meilleur, grâce à sa propre grille de critères. Mais face à ce choix impossible, on a besoin d’être rassurés, de savoir où l’on va.

C’est justement ce que proposent les « marieuses », en misant sur la qualité plutôt que la quantité. « Nombreuses sont les femmes désabusées par le manque de transparence des profils présentés sur Internet, explique Agnès Allou, de l’agence UniCentre. Entre le Don Juan à la recherche d’une aventure d’un soir, l’homme marié adepte de la double vie, celui qui s’invente un job (voire un physique) de rêve, beaucoup avancent masqués. » Pas facile, dès lors, de faire le tri. L’agence matrimoniale s’en charge et vérifie toutes les infos : à l’inscription, chaque candidat doit fournir carte d’identité, livret de famille et fiche de paie. Pour Guerda de Haan, fondatrice de l’agence haut de gamme Elite Connexion, le tarif (dissuasif) est aussi un gage de sécurité. Quand on paie 1 500 à 2 500 € les six mois (selon les agences), c’est que l’on a vraiment envie de s’engager…

Le love coach, expert des relations humaines

Contrairement aux agences matrimoniales, les love coachs ne proposent pas de candidat, mais aident à identifier le meilleur profil en fonction des attentes. Bénédicte Ann compte 8 5% de femmes de tous âges parmi sa clientèle : « elles ont entre 18 et 70 ans, et toutes portent en elles un poids lié à leur éducation. Au cours d’une séance, je les interroge sur leur enfance, leur rapport à leur mère, leur relation aux hommes. Je les aide à trouver le fil conducteur et à prendre conscience qu’elles sont conditionnées à répéter les mêmes schémas. » Mais alors, quelle différence avec un psy ? Florence Escaravage, fondatrice de Love Intelligence, une méthode de coaching en ligne, propose aussi des séances individuelles. Selon elle, cela permet de rentrer dans le vif du sujet : « En plus de travailler sur le passé qui nous pollue, je les aide à passer à l’action, à travailler sur leurs points forts, à leur faire prendre conscience de leurs désirs, pour transformer une jolie rencontre en relation construite. » Une recette qui fonctionne? D’après ces coachs, c’est la seule manière de trouver l’amour. Le vrai.

* Insee 2015; ** Sondage BVA 2016; *** Auteure de « C’est décidé, j’arrête d’être célib ! », éd. Albin Michel.

Laure, 52 ans

« J’ai rencontré quelqu’un qui ne répondait pas à mes critères « 

Après une deuxième rupture, je me suis exclusivement concentrée sur mon travail et mes enfants. Au bout de quatre ans, j’ai éprouvé le besoin de renouer avec ma vie de femme, mais je m’étais coupée de mes amis et les sites de rencontres ne me tentaient pas du tout. Trouver l’amour au boulot ? Impossible. Mon poste à responsabilité me l’interdisait. Je me suis donc tournée vers une agence matrimoniale. La conseillère, franche et directe, m’a rassurée : trouver l’amour à mon âge nécessitait de renoncer à certains idéaux. J’étais prête à le faire. En quelques mois, elle m’a mise en contact avec deux hommes. Le premier était quelqu’un de bien, mais ça ne pouvait pas marcher. Le deuxième était très différent de ceux que j’avais connus jusqu’ici, et plus âgé. Mais j’avais confiance en elle, alors j’y suis allée sans même avoir vu sa photo. Je ne le regrette pas, je vis aujourd’hui une belle histoire avec lui !

Alexandra, 42 ans

« J’ai compris les mécanismes qui me conduisaient à l’échec » 

À 37 ans, j’avais eu pas mal d’aventures sans qu’aucune n’aboutisse à une relation vraiment durable. J’étais en analyse depuis dix ans, mais j’avais besoin d’une aide plus concrète. J’ai donc sollicité une coach. Ensemble, on a analysé mes histoires passées, mes rencontres présentes. Elle m’a aidée à comprendre les mécanismes qui me mettaient en situation d’échec, à booster ma confiance en moi. Grâce à elle, je me suis autorisée à être plus claire sur mes désirs, à ne plus me fourvoyer dans des relations stériles. Et puis, j’ai appris à trouver la bonne distance à l’autre en début de relation, entre mystère et don de soi. Ça fait maintenant un an et demi que je suis heureuse et épanouie dans mon couple, avec des projets plein la tête.

Femme actuelle